Cadrer l'usage de l'IA · AI Act & CSE
Ce qui se passe après la signature
Groupe de travail, matrice métiers-compétences, attribution contrôlée des licences, suivi à 1/3/6 mois. Le dispositif qui fait vivre une charte.
La charte signée est le début du travail, pas la fin. Voici le dispositif que nous voyons fonctionner, largement inspiré de ce que certaines organisations ont construit seules faute de trouver un prestataire pour le faire.
Le groupe de travail
Sept à dix personnes, transverse : métiers représentatifs, informatique, ressources humaines, représentants du personnel. Pas un projet juridique isolé.
Son rôle ne s'arrête pas à la rédaction. Il arbitre les demandes d'outils, traite les incidents, et porte la révision annuelle. Sans instance permanente, la charte se périme en silence.
La matrice métiers-compétences
C'est la pièce qui manque presque toujours. Un tableau qui croise les postes et les usages : quel métier a besoin de quel type d'usage, à quel niveau de maîtrise.
Elle sert à trois choses. Décider qui reçoit une licence, et laquelle. Construire un plan de formation par population plutôt qu'une session générique. Et mesurer la progression, puisqu'elle donne une cible.
L'attribution contrôlée des licences
Le principe est simple : pas de licence sans formation préalable. C'est la façon la plus économique de satisfaire l'obligation de maîtrise de l'IA de l'article 4 de l'AI Act, puisque la traçabilité vient gratuitement avec le processus d'attribution.
C'est aussi le meilleur outil de pilotage budgétaire. Les licences distribuées largement « pour voir » sont inutilisées à 50 % au bout de trois mois.
La formation, segmentée
Deux erreurs classiques. Mélanger l'informatique et les métiers : les cas d'usage diffèrent et les deux publics repartent frustrés. Et faire une plénière : au-delà de dix personnes, plus personne ne pratique.
Ce qui fonctionne : des sessions de six à dix personnes par département, construites sur les cas réels de ce département, avec des exercices sur leurs propres documents. Prévoyez aussi un format asynchrone pour les sites distants et les métiers de terrain, qu'on ne peut pas immobiliser une demi-journée.
Le suivi à 1, 3 et 6 mois
Trois indicateurs suffisent.
L'usage réel, par population — pas le nombre de licences, le nombre d'utilisateurs actifs.
Les incidents remontés. Zéro incident au bout de six mois n'est pas un bon signe : cela veut dire que personne ne déclare.
Les licences dormantes, à réattribuer plutôt qu'à renouveler.
Le temps gagné, mesuré sur une tâche précise, avant et après. C'est le seul chiffre qui convainc un comité de direction de financer la suite — et le seul qui vous dise si le dispositif sert à quelque chose.